Les exilés du quotidien


On les voit errer, ombres accroupies, picorant, quémandant, se gelant l’âme dans l’hiver de l’indifférence, la leur et celle de nos silhouettes pressées par le temps.

Ils n’appartiennent à aucune partition et jouent du silence comme des virtuoses. Ils savent très bien se faire entendre avec peu de mots, juste ce qu’il faut pour attirer l’attention et tendre la main.

Pour les exilés du quotidien, tout s’est arrêté un jour, leur histoire aussi. Ils vivotent au cœur de notre agitation, figés dans ce nulle part où plus rien ne s’affiche, à part un immense point d’interrogation.

Ne trouvez-vous pas que J’aime ressemble à une girafe qui, souvent, nous en fait voir de toutes les couleurs ?

Ne trouvez-vous pas ?


Gérard-Charles Valente


« L’indifférence est pour les cœurs 

Ce que l’hiver est pour la terre »

Malherbe