Chaque être humain construit patiemment son mythe, son histoire personnel. Ce mythe est l’assise essentielle sur laquelle son identité peut se référer et ensuite se disséminer, tout en sachant qu’une identité n’est jamais complète dans sa définition même. Ce puzzle identitaire, cet éparpillement, cette accumulation de ressentis et de perceptions font que la seule certitude qu’a l’être humain et à laquelle il peut se référer, est son propre mythe fondateur : cette projection de soi fragile et instable, qui permet à l’ego d’interagir socialement et d’éviter l’effondrement psychologique.
Dans l’absolu, nous pourrions affirmer que nous sommes tous les victimes d’un sortilège, vieux comme l’humanité. Pour vivre, interagir et réguler ses relations, l’être humain a besoin du support de l’imaginaire. Car, qu’il le veuille ou non, il appartient à un monde en devenir dont il a du mal à cerner les contours et où il a du mal à se définir. Son image intériorisée appartient à une auto-construction, puisée à même son imaginaire et validée par sa mémoire sélective. C’est normal, ce qui fait mal ne peut servir à bâtir un discours intériorisé valable pour être ensuite projeté et partagé avec la communauté. À moins que le tissu social ne soit malade, en régression…
(à suivre)
Gérard-Charles Valente
La construction identitaire de l’individu, Edmond Marc
https://www.cairn.info/identites–9782361063283-page-28.htm